Un mois de silence… un mois sans nouvelles sur ce blog.
Rappel du premier message et de l’analyse blogienne de Fred : « les blogs, c’est des millions de gens qui écrivent des millions de pages dont tout le monde se fout. ». Je sais aujourd’hui que c’est un peu faux, car, ma jolie maman m’assure au téléphone qu’elle attend de ces nouvelles écrites et dessinée.
« Mais, écoute Sophie (prénom de ma mère), je sais plus par où commencer pour raconter, il y a tellement de choses qui se sont passées, et plein de dessins et photos, plein de trucs, plein, plein, et ces saloperies de connexions internet m’obligeraint à rester plein de temps devant l’ordinateur pour… »-« Alors prends ce temps et envoie nous des nouvelles, c’est tout ! »…
Non maman, je ne peux vraiment pas prendre ce temps de mettre toutes les images en ligne… mais je prends le temps de t’écrire.
Maman, ici, depuis un mois, il y a eu beaucoup de temps et d’énergie utilisée pour poser les bases de l’associ-O, des réunions et des discussions interminables pour des détails, des fulgurances sur des concepts généraux, généreux et voulu de nous tous, nous, Mehdi le cuistot, Anass le guitariste, Said de Tanger, Ismail l’informaticien, Yassir le culturiste, Dark wolf le journaliste R’bati, Loubna, et les autres. Beaucoup d’énergie, de désirs et de volonté. Assez pour prévoir de monter deux jours de fête artistique et populaire fin Mars mais pas encore assez pour avoir fini le site web et créé administrativement l’association. Assez pour que je fasse en ce moment une pause dans la finition du premier numéro du O pour t’écrire, maman. Assez pour avoir pratiqué l’essentiel en somme.
Les étudiants, depuis un mois, ont retrouvé le chemin pour me redonner du courage et de la foi en eux. Nous avons fini en beauté le travail pour l’association MOVIMONDO avec Khalid et Mohamed de première BD. Yassine, de première design et Tarek de première art ont fait leurs débuts dans la bande dessinée. Yassine a déjà transformé l’essai et va avoir sa première page publiée dans le tome 1 du O. Zakaria à une force productrice aussi puissante qu’il est encore immature, aussi je sais que le temps lui fera le plus grand bien. Afsa, la fille la plus timide que je connaisse et qui est en première BD, possède un trésor, elle n’a pas oublié l’enfant qu’elle était tout en devenant femme, et son dessin, d’une grande inventivité lui permet de raconter avec une grande force le difficile quotidien d’une femme pauvre au Maroc en 2008 aussi bien que les contes ancestraux. Les étudiants de 2eme, 3eme et 4eme BD ont partagé leur savoir et espoirs dans la bande dessinée avec des collégiens de différents collèges publics de Tétouan. Ces stages se sont si bien passé qu’il vont continuer. Initialement, 4 séances étaient prévues dans leurs collèges respectifs, mais ce programme a muté et désormais les collégiens viennent régulièrement à l’Institut des beaux arts et continuent à travailler avec les étudiants qui ont découvert le merveilleux talents des enfants qu’on a invité à s’exprimmer sincèrement. Cette énergie les a bousculés et leur a redonné une envie de s’exprimer aussi. Et c’est avec plein du pétillement de la revanche qu’ils m’annoncent leurs nouveaux dessins et me demandent de les voir.
Un grand frère de collégien est venu me rencontrer suite à la discussion que j’avais eu avec son petit frère. Il s’appelle Fathi, étudie l’hotellerie et possède un talent de conteur dessinant. Abdelahim de première BD continue dans sa voie politico-critico noire. Abdelahim de troisième BD continue de narrer dans les ombres de son fusain les fragments d’une mémoire mélancolique. Abdkrim, le frère que l’imminence de la séparation rend plus précieux chaque jour, continu de vivre son travail avec toute la force de sa vie. Il parle de l’univers de l’enfance, traduit la sienne au travers de ses personnages colorés, explique le bonheur du père-guide-grand frère qui agit justement avec l’enfant et raconte aussi l’injustice d’un monde qui abandonne ses jeunes dans la rue. Il parle avec son cœur… et touche.
La sublime Svesda, Bulgare stagiaire en résidence à Tétouan à terminé son séjour. La veille de son départ elle nous a réuni en petit comité pour que nous puissions partager cette envie commune de nous revoir plus tard, ici, là bas où ailleurs. Elle nous a offert à chacun un CD personalisé plein de ses photos, de tous ses dessins et la musique qu’elle a écoutée ces derniers mois. Son collocataire, Lucas de Toledo reste encore quelques semaines de plus, ce qui fait plaisir.
J’ai durement pris dans la gueule et dans les tripes les vices d’un système différent de celui que j’ai connu, exempt de certaines des saletés et malheureusement propriétaire de certaines mochetés qui participent à la perrenité notre bien injuste monde. Vous remarquerez que je prends d’épais gant pour éviter de nommer la corruption, les passes droits, la confiscation des informations et des avantages par les responsables, les mesquines ambitions personnelles...
Enfin, avec la sortie du numéro 1, nous allons pouvoir mettre en pratique certains des reves que nous avons formulés il y a quelques mois, à mon arrivée. Cela va commencer par sa présentation à Fes dans le premier festival BD organisé par cette ville à la fin de la semaine et parallèlement à au salon du livre de Tanger. Puis, nous allons le vendre à Tétouan, commencer l’affichage dans la rue, démarcher les administration pour le rendre gratuit dans les écoles… etc, bref, au moment ou je suis sur le point de partir, tout commence, ou plutôt, tout continue, et cela me chagrine, ou plutôt me rend heureux.
Côté cœur, chapitre amitié, Jj est venue ici et a attrapée le virus du O, et va probablement revenir pour le festiv-O fin mars… cela laissera au connard que je peux être une chance de se rattraper et de s’excuser auprès d’elle pour des méchanceté que je lui ai dite. Chapitre amitié toujours, une des femmes de ma vie et deux frères francais vont venir aussi pour le festiv-O.
Côté cœur, chapitre séduction, mon idyle avec la belle pharmacienne n’a jamais dépassé le regard complice de par et d’autre de sa vitrine, et avec le temps, ce regard s’est fait moins complice et plus poli… c’est la vie… et comme celle-ci est magnifiquement belle, elle m’a fait rencontrer une jeune graphiste (non moins jolie) qui travaille à l’imprimerie qui va s’occuper du cercle et qui s’occupe déjà d’imprimer les affiches que j’ai réalisé pour divers actions du V fectival international de Bande dessinez de Tétouan.
Les yeux agiles auront remarqué une faute d’orthographe dans la dernière phrase, celle-ci est volontaire (pas comme les autres…) et représente mon cri du cœur envers mes frères et mes enfants du monde entier et les appelle à dessiner, et en bande s’il vous plait.
Coté cœur sentimental toujours, j’ai réussi à placer la jolie jeune femme qui occupe toujours mes doux espoirs sur tout plein d’affiches, de dessins et de travaux… héhéhé !
Côté travail, côté cœur, côté famille et amis, tout va donc très bien et cela m’aide à patienter calmement pour voir la pluie cesser et mon linge enfin secher. Ce qui permettra à mon corps de se laver entretenant l’espoir d’enfiler, une fois le récurage accompli, des linges embaumant l’Ariel, ce qui lui permettra de revenir dans des normes sanitaire convenables car préconisée par l’organisation mondiale de la santé.
Bien sur, à un mois du départ, je commence à faire le compte de toutes les choses que je n’ai pas encore réussi à faire, celle que je ne pourrais pas faire et surtout celles qui me poussent à vouloir revenir ici pour accomplir.
Bref, maman, comme tu vois ton fils se porte bien, continue de travailler pour que ses reves se réalisent et apprends chaque jours ô combien ce travail est de longue haleine. Ton fils te remercie aussi pour l’avoir soutenu dans cette voie et pour continuer toujours.
Je vous tiens au courant pour la sortie du numéro 1 et pour ses premières aventures…
mardi 26 février 2008
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